Qu'est-ce que le burn-out ?
Le « burn-out » est un épuisement anxio-dépressif. Autrement dit, le syndrome du « burn-out » est un état d’épuisement (état de fatigue extrême) au niveau physique, psychique et émotionnel qui s’installe après un effort continu et excessif, des exigences trop grandes pour être satisfaites ou après une lutte vaine contre des abus (impuissance acquise contre le harcèlement moral ou « mobbing »
. Le concept a été utilisé pour la première fois dans les années 70 par le psychanalyste américain Herbert J. Freudenberger.
Le syndrome de l’épuisement anxio-dépressif (burn-out) vu par un consultant en entreprise, Johannes Czwalina : (tirage préliminaire du chapitre « Burn-out », extrait du livre de Johannes Czwalina « Der Markt hat keine Seele – Zwischen Leistungsdruck und Lebensqualität - le marché n’a pas d’âme - Entre la contrainte du rendement et la qualité de la vie, lequel est paru au printemps 2001 aux Editions « Frankfurter Allgemeine ». Journal ASMAC 2/2001)
Parmi tous les drogués, c’est le drogué du travail qui jouit du plus grand prestige. Et fait remarquable : notre économie a absolument besoin de ce type de drogué. A l’heure actuelle, les chances de trouver un emploi sont particulièrement favorables à un nombre de plus en plus grand de personnes qui portent en elles les stigmates, identifiables (pour l’œil exercé
) de cette dépendance.
Les symptômes du « burn-out » ont toujours existé, en revanche ce qui est nouveau, c’est qu’ils se propagent à la manière d’une épidémie. Chacun sait que les machines ont besoin d’être examinées, entretenues, nettoyées, revues, afin que leur capacité de production puisse être maintenue et améliorée. Mais que l’être humain nécessite plus de soins pour conserver sa capacité de performance, c’est ce qu’oublient la plupart des gens. Ils s’étonnent quand, brusquement, tous les signaux lumineux se mettent à clignoter, par exemple sous la forme d’un sentiment d’épuisement complet et d’un vide mental, accompagné d’épuisement physique et d’un cortège de symptômes : inhibition (autocensure), anxiété, dépression, insomnie, nervosité, manque d’appétit, manque de concentration, irritabilité, etc. Le syndrome d’épuisement anxio-dépressif chronique est un tableau clinique complexe qui peut entraver massivement, souvent des années durant, la capacité de performance et la qualité de vie des sujets qui en sont atteints.
Le « burn-out » est une manifestation symptomatique de la phase tardive de notre société axée sur le rendement, résultat non seulement d’un engrenage de plus en plus puissant, mais aussi d’une déferlante d’informations simultanées que l’on ne parvient plus à traiter. Ce qui frappe en l’occurrence, c’est que les drogués du travail ne se rendent pas compte de leur maladie. Ils se mettent de plus en plus de tâches sur le dos, car il leur faut une provision de travail toujours renouvelée. Leur manière de travailler se caractérise par une précipitation et un manque de concentration de plus en plus marqués. Il en découle des heures supplémentaires pour rattraper ce qui n’a pas été fait. Il n’est pas rare qu’ils fassent appel aux somnifères et aux tranquillisants, au tabac, au café ou à l’alcool, ce qui dégrade un peu leur santé. Le cercle vicieux ne tarde pas à se refermer sur ces personnes en proie au désespoir. Pour finir, défaillances cardiaques, états anxieux, perforations intestinales, dépressions sont tout à coup inévitables. Sont particulièrement sujettes au « burn-out » les personnes ayant une faible estime de soi, car elles ne s’acceptent pas telles qu’elles sont réellement, tout en ayant un grand besoin de considération.
Le concept de « workaholic » est en relation avec le syndrome d’épuisement anxio-dépressif. On qualifie de workaholic quelqu’un qui s’adonne à son travail comme à une drogue, même si d’autres éléments de sa vie en pâtissent beaucoup ou sont complètement négligés. Le feu du travail brûle en lui. Il consume aussi les gens et les choses qu’auparavant il considérait comme important pour lui. A la fin, ce feu s’emparera également de sa propre personnalité et l’anéantira. Pour être consumé, il faut d’abord avoir brûlé. Les workaholics ont brûlé. Ils sont la proie d’une forme de toxicomanie. La drogue doit être toujours à disposition ; quand elle vient à manquer, il y a menace d’effondrement. La drogue du succès et de la considération remplace les relations humaines.
« Burn-out » ou « wear-out », c’est-à-dire épuisement anxio-dépressif, sont des termes modernes qui cernent particulièrement bien les lois internes de la situation actuelle : surmultipliées au maximum, les « voitures de courses » - auxquelles les cadres supérieurs peuvent être assimilés – sont lancées sur la piste comme si elles n’avaient à accomplir que cet unique parcours. C’est un fait que l’on ne calcule plus à la mesure de toute vie, mais à celle d’une seule course. Ce qui compte, c’est seulement le chiffre d’affaires de cette année. Ce qui vient après, on n’y pense pas aujourd’hui.
Les carriéristes ambitieux qui, parvenu au milieu de la quarantaine ou au début de la cinquantaine, se rendant compte que leur obsession vers l’avant va être définitivement freinée, tandis que l’accès aux sphères suprêmes est devenu illusoire, sont particulièrement guettés par le syndrome anxio-dépressif. S’efforçant de gagner en considération ou d’atteindre quand même l’objectif professionnel visé, ils redoublent d’efforts jusqu’à ce que se tarissent leurs réserves de forces, tandis que s’installe la résignation. Il semble que le fait d’abandonner ou de redéfinir ce qui était un objectif essentiel de l’existence soit l’équivalent d’une douloureuse amputation – une correction de parcours pouvant bien mettre en cause la voie suivie jusqu’ici.
Tous ceux qui sont atteints de ce syndrome ont un trait commun : Ils se trouvent dans un état permanent de consommation élevée d’énergie, sans que cette dernière soit suffisamment renouvelée ; c’est un peu comme si la batterie d‘une voiture n’était plus rechargée que par la dynamo, tout en devant fournir des performances de très haut niveau. Tout comme un alcoolique, le wokaholic notoire se charge de tâches jusqu’à n’en plus pouvoir. La démission intérieure succède au « burn-out » et pèse secrètement non seulement sur l’entreprise, mais également sur l’âme. Les jeunes gens frais émoulus de l’Université en sont tout particulièrement menacés.
Permettez-moi de faire un commentaire au sujet de ce qui précède. Depuis mon plus jeune âge (8-9 ans), j’ai régulièrement fait partie de sociétés (fanfare, harmonie, football, athlétisme), de divers comités (fanfare, harmonie, football, lutte) et d’autres associations. Pour quelles raisons ? Simplement parce que depuis toujours j’aime le contact avec les gens, je m’intéresse à l’autre, j’aime aider et transmettre mes connaissances… et j’aime apprendre, me former, me perfectionner ! C’est en moi et j’ai toujours eu ce besoin de communiquer et j’espère que je l’aurai toujours… Toutefois, chaque médaille à son revers ! A force de m’engager et de me donner à fond, à 100%, dans tout, au fil du temps je suis devenu un (ultra) perfectionniste tant sur le plan professionnel que lors de simples loisirs et ce, non seulement avec moi-même, mais également avec les autres. Ce que j’exigeais de moi, je l’attendais des autres en retour (parfois j’ai encore des rechutes… que ceux et celles qui en subissent les conséquences me pardonnent) et à chaque fois je fixais la barre plus haut, encore plus haut, toujours plus haut ; donc cela devenait de plus en plus inaccessible, tant pour moi que pour les autres. Et cela a duré des années avant que je craque pour de bon !
A ce propos, Dieu m’a montré un jour une sorte de « vidéo-clip » alors que je regardais un meeting d’athlétisme à la télévision. Il y avait un athlète qui faisait du saut en hauteur. Il faut déjà être à un très haut niveau pour passer 2 mètres 30 sans faire tomber la barre. Pour vous donner une petite idée, le champion du monde de saut en hauteur est le cubain Javier Sotomayor : il a franchi 2 mètres 45 et son record date de 1993… Puis il y a eu une séquence sur le saut à la perche. Sauter plus de 6 mètres, même avec une perche, n’est pas à la portée du premier venu non plus. Alors Dieu m’a montré que je mettais la barre si haut que c’était comme si je voulais concourir au saut à la perche… sans utiliser la perche ! Donc forcément ce n’était pas possible ! Pour la petite histoire, le record du monde de saut à la perche est encore détenu par l’Ukrainien Sergey Bubka avec un bond de 6 mètres 14 réalisé en 1994…
Une personne qui est perfectionniste, comme je l’étais, se prend souvent des grandes claques car la perfection est une utopie ! Au début cela peut fonctionner car la barre est mise à une hauteur acceptable. Alors, à chaque fois je mettais la barre un peu plus haut et un jour où l’autre il devenait difficile, puis impossible de franchir l’obstacle ! C’est un échec, puis un deuxième, puis un troisième… cela correspond à une frustration, une deuxième frustration, une troisième frustration… et cela mène tout droit au « burn-out », inéluctablement. Dieu m’a montré de remettre la barre à une hauteur correcte, soit à 80 centimètres… A moi de gérer mes futurs sauts sans retomber dans mes travers. Remarquez, j’ai encore de la marge car lorsque j’avais 15 ans, je sautais 1 mètre 73 selon la méthode de Dick Fosbury, soit le « fosbury-flop » (appui sur son pied droit - ou pied extérieur - en faisant pivoter son corps afin de franchir l'obstacle sur le dos)… Plaisanterie mise à part, depuis mon arrêt de travail en mai 2000, j’a également mis de côté le perfectionnisme. Cela n’a pas été toujours facile et, comme je l’ai déjà dit, il peut y avoir encore quelques rechutes, mais j’ai appris à remettre la barre plus bas, à être conscient de mes limites...
Résumé de mon livre "Consumé par l'intensité de la vie - Burn-out, il y a une issue!" qui est paru en novembre 2006 en Suisse romande.
Bien à vous
Georges Musy
Si vous êtes intéressé(e) par cet ouvrage, vous pouvez le commander à l'adresse suivante : Editions RDF, rue des Fontaines 2, CH-1816 Chailly/Montreux, Tél. ++41 (0)21 964 65 01, Internet : www.rdf.ch e-mail : info@rdf.ch
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28 Octobre 2008 à 12:12 dans
- Burn-out, il y a une issue !


Bonsoir H-IL,
Comme tu le dis... c'était en plein dans le mille ! Donc encore MERCI !
Cordialement
Posté par Georges Musy — 28 Juil 2008, 16:53
Donc le jeunot farfelu a mis dans l'mille....
Posté par H-IL — 28 Juil 2008, 14:49
Merci H-IL... Je viens justement de terminer un enseignement complet sur le burn-out sous forme Powerpoint et ce que tu viens de m'adresser est parfaitement juste à 100% !
Bon dimanche et à bientôt !
Posté par Georges Musy — 27 Juil 2008, 10:52
Le hasard voulut ce matin que je retombe dans ta boutique. Ayant eu souvenir que tu traitais de ce sujet il y a fort longtemps, un article sur le sujet m'interpela, (Hé ! H-IL r'file ça à Georges N° 61) alors je te le livre in extenso sans seau et sous sceau, j'en avais déjà craint le contenu :
Qui risque le burnout?
Principaux facteurs
Personnes à risques
● Les perfectionnistes, ceux qui mettent
la barre trop haut, même si cela n’est pas
demandé par le chef. Ce sont des gens qui
se surinvestissent dans leur travail, et ne
reçoivent pas la reconnaissance attendue.
● Les personnes qui n’arrivent pas à
déléguer et veulent faire tout, tout de
suite.
● Les personnes qui ne savent pas dire
non et lient l’estime de soi à leurs
performances professionnelles.
Facteurs de risques, liés à l’entreprise
● L’absence de reconnaissance est l’un
des plus importants facteurs de risques.
Malheureusement, l’expérience montre
qu’en Suisse on passe plus de temps à
mettre en évidence ce qui ne va pas, sans
valoriser ce qui est positif, ni encourager
ses collaborateurs.
● Les conflits ou difficultés relationnelles
au travail.
● L’absence de solidarité. Il faut cultiver
l’esprit d’équipe et non la culture du
«diviser pour mieux régner».
● La faible autonomie.
● Le manque de défi nition claire des
tâches à accomplir, de structure, et de
précision des attentes de la part des
supérieurs.
Signé :
Frédérique Deschamps,
39 ans, est ingénieure en
génie biologique. Depuis
cinq ans, elle est active dans
la prévention du burnout.
Posté par H-IL — 27 Juil 2008, 07:12
je suis une thérapie et je consulte une psycologue depuis bientôt trois ans suite à une grave dépression. Depuis trois semaines je souffre le martyre des chevilles qui gonfflent, des poignets, des genoux, des bras.je suis épuisée et très fatiguée entre la souffrance et les nuits blanches. Et comme je suis une personne très maniaque et très dynamque et que depuis des années je ne me suis occupée que des problèmes des autres en oubliant que mon médecin m'avait prévenu il y a deux ans que je faisais un épuisement physique et moral et que depuis 9mois je souffrais des poignets et que je trouvais toujours un prétexte pour ne pas aller voir un rhumatologue que mon médecin m'avait conseiller, aujourd'hui je prends conscience que j'ai joué avec ma santé et rien que de voir que je ne peux plus rien faire(comme le ménage, la cuisine, conduire, aller faire les courses) et qu'en plus je me sens seule même si je suis marié avec trois enfants, en lisant vos témoignages je me suis reconnue dans certains domaines à part les douleurs articulaires intenses. Demain j'ai rendez-vous avec un rhumathologue et je suis très anxieuse de son verdict, et pourtant ce n'est pas dans ma nature de me faire du souci pour moi Mon généraliste m'as quand même dit que j'étais une anxio dépressive chronique, ce que je n'ai pas voulue croire, même si il a raison. Je voudrais savoir si d'autres patientes comme moi souffrent de douleurs intenses au niveau des articulations et si ça fait partie de mon état actuel. Merci de me répondre et je vous tiendrez au courrant des résultats de mon rhumathologue. Dernière petite chose, j'ai 45 ANS. A bientôt j'espère et encore merci.
Posté par sangely sabine — 24 Juil 2008, 17:22
Bonsoir Andrea,
Personnellement, je ne pense pas que le burn-out est un phénomène ou une question d'âge... donc une personne peut très bien avoir un burn-out à 25 ans... De toute manière, ce n'est pas à prendre à la légère... donc il est important de consulter un médecin si jamais vous ressentez les symptômes décrits...
Cordialement
Posté par Georges Musy — 27 Avr 2008, 18:11
Bonjour,
Après une lecture attentive et à travaille sur moi même je me rend compte que je vis cette état d'esprit là . (burn out). cependant je me demande si je ne suis pas trop jeune pour le ressentir je n'ai que 25ans.
Posté par Matos Andrea — 27 Avr 2008, 17:53
Bonsoir Steph-Anne et MERCI pour votre commentaire... Votre site web est très éloquent et je vous dis aussi MERCI pour votre témoignage ! Je souhaite de tout mon coeur que votre expérience (épreuve) servira à d'autres personnes !
Cordialement
Posté par G. Musy — 15 Oct 2007, 20:12
Bonjour,
Bravo pour votre site d'information et votre livre! Je le lirai dès que j'en aurai le temps.
Je suis moi même tombée dans un burn-out profond avec un épuisement physique et émotionnel qui a duré des mois. Mon arrêt maladie a pris fin au 30 septembre 2007. A présent, je me réoriente et j'ai aussi créé un blog témoignage pour pouvoir aider les autres, victime de cette maladie.
J'espère avoir de vos nouvelles et pourquoi pas, un petit mot sur mon blog, ça me ferait plaisir.
Bonne continuation à vous et à bientôt.
Steph-Anne
Posté par Duché — 15 Oct 2007, 19:14
d'après mon médecin je suis anxio-dépressive. j'ai un traitement mais je suis retombée 3 fois en dépression. il ya t-il d'autres moyens de s'en sortir. J'ai aimé votre commentaire. merci à vous
Posté par nonnenmacher — 30 Jan 2007, 19:21
Bonjour Ghislaine, Merci pour votre témoignage. Je suis très touché par ce que vous écrivez et reste à votre entière disposition si vous avez besoin de renseignements complémentaires. Le seul conseil que je peux vous donner, si vous me permettez, c'est de prendre soin de vous...
Posté par Georges — 30 Jan 2007, 11:02
Posté par maguy — 28 Oct 2006, 20:13
Flocéane, Merci à vous pour votre témoignage... je reste volontiers à votre disposition si vous désirez partager davantage en dehors du blog... J'espère que mon livre pourra vous aider également à faire un bout de chemin... Que Dieu vous bénisse et vous fortifie !
Posté par Georges — 05 Oct 2006, 11:53